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Comment soulager naturellement les douleurs lors de l’accouchement

Dernière mise à jour : 15 janv.



L’accouchement est une expérience intense, unique, profondément corporelle. Pour beaucoup de femmes, la question de la douleur occupe une place centrale : comment la comprendre, comment la traverser, comment mieux la vivre. La douleur qui accompagne la naissance n’est ni une fatalité ni un échec. Elle peut être comprise, apprivoisée, parfois transformée.

Aujourd’hui, de nombreuses méthodes naturelles pour soulager les douleurs lors de l’accouchement permettent d’en diminuer l’intensité et de redonner à la femme une place active dans ce moment fondateur. Respiration, préparation mentale, chant, visualisation ou gestes simples : ces outils ne suppriment pas la douleur, mais modifient profondément la manière de la vivre.



Douleur de l’accouchement : ce que vivent la plupart des femmes


La douleur de l’accouchement est une expérience très variable. Certaines femmes la décrivent comme une pression intense, d’autres comme une vague, un étirement, un feu intérieur. Son intensité, sa localisation et sa durée varient d’un accouchement à l’autre, mais aussi d’une phase de travail à l’autre.

Ce qui est commun, en revanche, c’est le bouleversement qu’elle provoque. La douleur de l’accouchement engage tout le corps, mais aussi les émotions, les pensées, la mémoire. La peur de la douleur, souvent nourrie par les récits et l’imaginaire collectif, peut parfois être plus envahissante que la douleur elle-même.

Comprendre ce que cette douleur signifie et comment elle fonctionne est souvent une première étape essentielle pour mieux vivre la douleur de l’accouchement.



Comprendre la douleur de l’accouchement : bases physiologiques


La douleur de l’accouchement est une douleur physiologique, liée à un processus normal du corps. Elle est principalement provoquée par les contractions utérines, l’ouverture progressive du col de l’utérus et la pression exercée sur les tissus, les ligaments et les nerfs du bassin lors de la descente du bébé.


D’un point de vue scientifique, cette douleur est transmise en grande partie par des fibres nerveuses lentes, appelées fibres C. Ces fibres sont particulièrement sensibles au contexte émotionnel. Cela signifie que la perception de la douleur varie fortement selon l’état psychique de la femme, son niveau de stress, de fatigue et son sentiment de sécurité.

Lorsque la peur s’installe, le corps active le système nerveux sympathique, responsable de la réponse de fuite ou de lutte. Cette activation entraîne une sécrétion accrue d’adrénaline, qui peut freiner l’efficacité des contractions, augmenter la tension musculaire et intensifier la douleur ressentie. Le cercle peur–tension–douleur, bien connu en obstétrique, peut alors s’installer.


À l’inverse, dans un climat de confiance et de sécurité, le corps sécrète davantage d’endorphines et d’ocytocine. Les endorphines sont des analgésiques naturels puissants, proches de la morphine dans leur mode d’action. L’ocytocine, hormone clé de l’accouchement, favorise des contractions efficaces et régulières tout en soutenant le sentiment de calme et de sécurité.


Soulager les douleurs lors de l’accouchement revient ainsi à agir sur le corps et, de facto, le système nerveux. Les techniques naturelles visent précisément à stimuler le système parasympathique, celui du repos et de la détente, afin de permettre au travail de se dérouler de la manière la plus fluide possible.

Comprendre ces mécanismes aide de nombreuses femmes à changer de regard sur la douleur : elle n’est plus un signal d’alarme, mais une information. Elle indique que le corps travaille, qu’il avance, qu’il ouvre le passage.



Douleur et souffrance : une distinction essentielle


On confond souvent douleur et souffrance, alors qu’il s’agit de deux réalités différentes, particulièrement lors de l’accouchement. La douleur est une sensation physique, liée aux contractions, à l’ouverture du col et aux mouvements du bébé. Elle a une origine physiologique identifiable et un rôle précis dans le processus de la naissance.

La souffrance, en revanche, est une expérience globale. Elle apparaît lorsque la douleur s’accompagne de peur, de perte de repères, de sentiment d’impuissance ou d’insécurité. Deux femmes peuvent ressentir une douleur d’intensité comparable et vivre pourtant des expériences très différentes, selon leur préparation, leur environnement et le sens qu’elles donnent à ce qu’elles traversent.

Sur le plan scientifique, la souffrance est étroitement liée à l’activation du système nerveux sympathique et à la montée de l’anxiété. Elle amplifie la perception de la douleur et peut rendre l’expérience plus difficile à intégrer émotionnellement.

Les méthodes naturelles pour soulager les douleurs lors de l’accouchement agissent précisément à cet endroit-clé : elles ne visent pas seulement à diminuer la douleur physique, mais surtout à prévenir la souffrance. En renforçant le sentiment de sécurité, de compréhension et de maîtrise, elles transforment le vécu global de l’accouchement.

Comprendre cette différence aide de nombreuses femmes à aborder la naissance autrement. Il ne s’agit pas de rechercher un accouchement sans douleur à tout prix, mais un accouchement sans souffrance inutile, dans lequel la femme se sent soutenue, actrice et respectée.



Peut-on vraiment soulager la douleur de l’accouchement ?


Soulager la douleur de l’accouchement ne signifie pas nécessairement la faire disparaître. Il s’agit plutôt d’en moduler l’intensité, d’éviter qu’elle ne devienne envahissante ou paralysante, et de soutenir la physiologie du corps.


Les méthodes naturelles n’agissent pas toutes de la même manière. Certaines influencent directement le système nerveux, d’autres détournent l’attention, favorisent le relâchement musculaire ou renforcent le sentiment de sécurité. Leur efficacité repose souvent sur leur combinaison et sur la préparation en amont.



La respiration : base pour mieux vivre la douleur de l’accouchement


La respiration pendant l’accouchement est l’un des outils les plus accessibles pour mieux vivre la douleur. Elle agit directement sur le système nerveux et permet de réguler les contractions.


Une respiration abdominale lente et profonde favorise la détente, améliore l’oxygénation et aide le corps à travailler efficacement. Inspirer par le nez, expirer longuement par la bouche, en laissant les épaules et la mâchoire se relâcher : ce geste simple peut transformer la perception de la douleur. Accompagner la contraction plutôt que la subir, permet souvent de réduire la tension et de rester présente au corps.



La préparation mentale à l’accouchement : sophrologie et hypnose


La préparation mentale à l’accouchement est aujourd’hui largement reconnue pour son efficacité dans la gestion de la douleur. La sophrologie et l’hypnose prénatale agissent sur l’imaginaire et l’état de conscience.


La sophrologie propose des exercices de relaxation, de respiration et de visualisation qui développent la conscience corporelle et installent des réflexes de détente. L’hypnose, quant à elle, invite à un état de concentration profonde dans lequel la douleur est perçue différemment, souvent mise à distance.


Ces approches permettent à de nombreuses femmes de mieux vivre la douleur de l’accouchement, en se sentant actrices et soutenues intérieurement.



Le chant grave : une méthode naturelle pour soulager la douleur de l’accouchement


Utiliser la voix pour soulager la douleur de l’accouchement est une pratique ancestrale. Le chant grave et les sons profonds favorisent la détente de la mâchoire, de la gorge et du périnée. Plus la gorge est relâchée, plus le bassin peut s’ouvrir. Émettre un son long, bas, continu, permet d’accompagner la contraction et d’éviter le blocage respiratoire.



La visualisation pendant l’accouchement : guider le mental et le corps


La visualisation pendant l’accouchement consiste à créer des images mentales apaisantes ou symboliques. Fleurs qui s’ouvrent, vagues qui montent et redescendent : ces images aident le cerveau à envoyer des signaux de détente au corps. La douleur devient alors mouvement, progression, passage.



Méthodes naturelles et péridurale : opposées ou complémentaires ?


Les méthodes naturelles pour soulager la douleur de l’accouchement ne s’opposent pas à la péridurale. Elles peuvent être utilisées en complément, avant ou après sa pose, ou même lorsque la péridurale n’est pas souhaitée ou possible.

Respiration, préparation mentale et visualisation restent utiles quelles que soient les circonstances, car elles soutiennent le vécu émotionnel et la capacité d’adaptation.



Autres techniques naturelles pour soulager la douleur de l’accouchement


Le mouvement libre, la méthode Bonapace, la technique du peigne, la danse lente ou l’eau chaude favorisent la détente et la descente du bébé. L’environnement joue également un rôle majeur : lumière douce, calme, présence rassurante.

L’accompagnement par un partenaire ou une professionnelle formée aux techniques naturelles pour soulager la douleur de l’accouchement (telle qu'une doula) peut profondément modifier le vécu de la naissance.




Se préparer pour mieux vivre la douleur de l’accouchement


Soulager les douleurs lors de l’accouchement ne repose pas sur une méthode unique, mais sur une préparation globale, physique et mentale. Explorer ces outils pendant la grossesse permet de gagner en confiance et de réduire la peur.


Chaque accouchement est singulier. Il n’existe pas une bonne manière d’accoucher, mais une multitude de chemins possibles. La douleur n’est pas le cœur de la naissance. Elle en est le langage. Et apprendre à l’écouter, c’est souvent déjà commencer à l’apaiser.


Sources :

  • Bardacke, N. : Se préparer à la naissance en pleine conscience, traduction de Mindful Birthing, préface de Jon Kabat‑Zinn, traduit par Sabrina Bendersky, Le Courrier du Livre, 19 mai 2022

  • Carlson, N.R., “Physiology of Behavior”, 12th edition, 2020.

  • Dawes, G.S., et al., “Pain pathways in labor”, British Journal of Anaesthesia, 1991; 66(2): 233–240.

  • Leake, R., & Redman, C., “Physiology of labor pain”, Best Practice & Research Clinical Obstetrics & Gynaecology, 1994; 8(2): 171–189.

  • Michaels, H., “Endorphins and pain modulation during labor”, Pain, 1985; 23(3): 245–256.

  • Uvnäs-Moberg, K., “Oxytocin may mediate the benefits of positive social interaction and maternal care”, Psychoneuroendocrinology, 1998; 23: 819–835.

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